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Une journée à scruter Joni Mitchell Print-ready version

by Alain Brunet
La Presse Montreal
October 28, 2004

Thanks to Vincenzo Mancini for translating this article to English.

A day to scrutinize Joni Mitchell

So many great people claim her, from Prince to PJ Harvey via Tori Amos, Sarah McLachlan, Joan Armatrading or Me'Shell Ndegeocello. So many music lovers consider her to be gifted or even the most influential female songwriter. So many reasons led the McGill Faculty of Music to dedicate a whole day yesterday, at the end of which she was awarded an honorary doctorate.

Don McLean, Dean of the Faculty, talks about the process. "We have taken steps because popular music is now part of our field of study. Through privileged contacts, I finally met Joni Mitchell in Los Angeles. When I submitted her our project, she was delighted, also curious that we were interested in the relationship between her writing, music and painting. She did not, however, accept the invitation straightaway. After many hesitations punctuated by many telephone conversations, she finally agreed. "

Thus, an areopagus of academics was reflecting yesterday on the work of the artist from the prairies.

For Jennifer Rycenga, of the San Jose State University, the artist is a driving force in advancing the status of women. Although Mitchell has always refused to label herself as a feminist or to associate herself with the progressive movements that have interspersed her existence, the commitment of her lyrics is no less progressive. "Those who say she was among the gravediggers of the protest song are as irrelevant as those who have demonized Yoko Ono."

Udayan Sen, Montreal's visual artist and curator, explored the signs and angles chosen in Joni Mitchell's self-portraits, as well as the forms used in the painting and collages of the famous songwriter: nature, portraits of colleagues (Neil Young, etc.) semi-abstraction in some paintings, album covers. It has been noticed that the painter's approach has been constantly changing and borrowing from different schools, from psychedelism to impressionism to modern visual art of Central America inspired by the ancient civilizations of the region. It has also been remarked that the artist, who suffers from a degenerative disease comparable to multiple sclerosis, now tends to favor the practice of visual arts to the song.

As to the relationship between music and painting, it has been pointed out by Lloyd Whitesell, professor at the Faculty of Music of the McGill University, also specializing in the work of Joni Mitchell, that her lyrics have always made reference to colors, landscapes, shapes, lines, in short to an abundance of plastic references.

Jacqueline Warwick, of Dalhousie University, has mapped the places evoked by Mitchell throughout her lyrics, from her first recordings made by David Crosby in a canyon on the outskirts of Hollywood to her recordings inspired by her stays in the prairies or in British Columbia.

Daniel Sonenberg, of the University of Southern Maine, explored the fascination of Joni Mitchell for jazz, from a song: The Last Time I Saw Richard. He noticed that the artist cultivated her interest in jazz since adolescence. Sonenberg obviously tackled the change of direction of her songwriting, her association with Wayne Shorter, Herbie Hancock, Jaco Pastorius and Pat Metheny. Evidently, he evoked her relationship with Charles Mingus to whom she devoted an entire album before he passed away.

Greg Tate, a journalist for the New York weekly The Village Voice, pointed out Joni Mitchell's huge influence on the African-American imaginary world, which several generations of black people acknowledge as a humongous contribution. Sitting in the room (subject and spectator!), she completed the intervention of the American journalist by delivering snippets of her experience with the late Mingus.

Yesterday, this great lady had become a vast territory of observation, which leads to believe that future generations, in turn, will not fail to dissect her work. This work shows all directions to take. Besides, receiving her honorary doctorate, Joni Mitchell declared to have approached the four cardinal points of the creation: intellect, emotion, quality and sensibility.

After Montreal, she will be in Ottawa, where she will be awarded (this weekend) the Order of Canada.


Tant de grands s'en réclament, de Prince à PJ Harvey en passant par Tori Amos, Sarah McLachlan, Joan Armartrading ou Me'Shell Ndegecello. Tant de mélomanes la considèrent surdouée, voire la plus déterminante des songwriters au féminin. Voilà autant de raisons ayant conduit la faculté de musique de l'Université McGill à lui consacrer hier une journée entière, au terme de laquelle on lui a remis un doctorat honorifique.

Don McLean, doyen de la faculté, raconte le processus. «Nous avons entrepris les démarches parce que la musique populaire fait désormais partie de notre champ d'études. Par l'intermédiaire de contacts privilégiés, j'ai finalement pu rencontrer Joni Mitchell à Los Angeles. Lorsque je lui ai soumis notre projet, elle s'est montrée ravie, également curieuse du fait que nous nous intéressions à la relation entre son écriture, sa musique et sa peinture. Elle n'a toutefois pas accepté l'invitation d'emblée. Au bout de nombreuses hésitations ponctuées par de nombreuses conversations téléphoniques, elle a finalement accepté.»

Ainsi donc, un aréopage d'universitaires réfléchissait hier sur l'oeuvre de l'artiste originaire des Prairies.

Pour Jennifer Rycenga, de l'Université d'État de San Jose, l'artiste est un moteur incontournable de l'avancement de la condition des femmes. Même si Mitchell a toujours refusé de s'étiqueter féministe ou de s'associer aux mouvements progressistes ayant émaillé son existence, l'engagement de ses textes n'en demeure pas moins progressiste. «Ceux qui affirment qu'elle fut parmi les fossoyeurs de la chanson engagée sont aussi peu pertinents que ceux qui ont diabolisé Yoko Ono.»

Udayan Sen, artiste visuel et conservateur montréalais, a exploré les signes et les angles choisis dans les autoportraits de Joni Mitchell en plus de relever les formes exploitées dans la peinture et les collages de la fameuse songwriter: nature, portraits de collègues (Neil Young, etc.) semi-abstraction dans certains tableaux, pochettes de disques. On aura remarqué que l'approche de l'artiste peintre n'a cessé de se transformer et d'emprunter à différentes écoles, du psychédélisme à l'impressionnisme en passant par l'art visuel moderne de l'Amérique centrale inspiré des civilisations anciennes de la région. On aura aussi appris que l'artiste, qui est atteinte d'une maladie dégénérative comparable à la sclérose en plaques, tendait désormais à privilégier la pratique des arts visuels à la chanson.

Quant au rapport entre musique et peinture, on aura fait remarquer que ses textes ont toujours fait références aux couleurs, paysages, formes, lignes, brefs une abondance de références plastiques, a fait observer Lloyd Whitesell, professeur à la faculté de musique de l'Université McGill, également spécialiste de l'oeuvre de Joni Mitchell.

Jacqueline Warwick, de l'Université Dalhousie, a dressé une cartographie des espaces évoqués par Mitchell à travers ses textes, depuis les premiers enregistrements réalisés par David Crosby dans un canyon aux abords de Hollywood jusqu'à ses enregistrements inspirés de ses séjours dans les Prairies ou en Colombie-Britannique.

Daniel Sonenberg, de l'Université du Southern Maine, a exploré l'attrait que Joni Mitchell pour le jazz, à partir d'une chanson: The Last Time I Saw Richard. Il nous apprendra que l'artiste cultivait cet intérêt pour le jazz depuis l'adolescence. Sonenberg abordera évidemment le changement de direction de son art chansonnier, de son association avec Wayne Shorter, Herbie Hancock, Jaco Pastorius et Pat Metheny. Il évoquera évidemment sa relation avec Charles Mingus à qui elle a consacré un album entier avant qu'il ne passe à une autre dimension.

Greg Tate, journaliste de l'hebdomadaire new-yorkais The Village Voice, a pour sa part souligné l'énorme influence de Joni Mitchell sur l'imaginaire afro-américain, que plusieurs générations de Noirs reconnaissent sa contribution colossale. Assise dans la salle (sujet et spectatrice!), elle a complété l'intervention du journaliste américain en livrant des bribes de son expérience avec feu Mingus.

Cette grande dame était devenue hier un vaste territoire d'observation, ce qui mène à croire que les générations à venir ne manqueront pas de disséquer son oeuvre à leur tour. Cette oeuvre qui montre toutes les directions à emprunter. Au moment de recevoir son doctorat honorifique, d'ailleurs Joni Mitchell a indiqué avoir abordé les quatres points cardinaux de la création: l'intellect, l'émotion, la qualité et la sensibilité.

Après Montréal, elle se dirigera à Ottawa où on la décorera (ce week-end) de l'Ordre du Canada.

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